
En 2000, Jean Isnard bouleverse son travail et ses références au réel.
Une exigence s’impose à lui : tout faire pour s’abstraire de la masse.
Son passé d’ingénieur en systèmes informatiques l’amène tout naturellement à élaborer à l’aide de l’ordinateur des pièces virtuelles libérées de la matière, en lévitation sur l’écran.
Ses formes ne sont pas automatiques , mais modelées, décidées , avec l’exigence toujours renouvelée de travailler sur une idée qui se modifie, jouant sur les multiples possibilités offertes par l’ordinateur, réduisant la distance entre le concept et l’œuvre.
Fasciné par l’idée de coller à la technologie du présent, il ajoute : « Il est envoûtant qu’une idée, virtuelle par définition, évolue, vive et se matérialise au travers des nouvelles technologies numériques ».
En effet, il bascule le processus : du virtuel il passe au formel.
Les fichiers numériques sont transmis à des spécialistes de la plasturgie. « L’objet Isnard » est le résultat d’une fabrication rigoureuse : CAO, stéréolithographie, thermoformage…
Ces sculptures ne masquent pas leur origine, numérique et mathématique. L’aspect épuré n’enlève rien à leur caractère sensuel et organique, leur surface unie et colorée apporte un apaisement que souligne le jeu de leurs courbes.
Par l’évocation de peaux, de mues, de paysages, il s’agit de retrouver un lien avec l’homme et la nature, à travers l’outil informatique et industriel.
Livre MCD : ARTS NUMERIQUES
MCD et M21 éditions
les 100 artistes français de la scènes numérique
LES MAINS DANS L'OMBRE
Un livre d'Alin Avila
éditions AREA, textes de Colin Cyvoct, Alain Pusel et Mathias Lair
photographies de Fabrice Vallon
CD ENESCU
édité par Virgin-Classics, ENESCU / direction Lawrence Foster